Chaque année, autour du weekend de la Toussaint, les frères italiens
organisent un rassemblement pour les étudiants et jeunes pros à Assise : le
GvA (Giovanni verso Assisi). Cette année, ce rassemblement s’est déroulé
du 30 octobre au 3 novembre.
Avec fr. Anselme et fr. Joseph, j’ai eu la chance d’accompagner un groupe
d’une cinquantaine de jeunes depuis Padoue. Le thème de cette année était
sur les relations : relations familiales, relations amicales et surtout, relation
avec le Seigneur. C’était vraiment beau de voir ces jeunes s’ouvrir à la
fraternité : d’oser exposer ses difficultés à d’autres, d’aller déposer toutes ses
relations blessées dans le sacrement de la confession, de se réjouir
ensemble lors de l’eucharistie ou des moments de convivialité.
Une activité m’a particulièrement émue à la fin du rassemblement, dont voici
les différents passages : nous avons invité les jeunes à écrire sur un bout de
papier une partie d’eux-mêmes qu’ils n’arrivent pas à accepter, à aimer. Puis,
nous leurs avons lu le passage de Genèse 1,26-31 (l’homme et la femme
créés à image et ressemblance de Dieu). Alors qu’ils demeuraient dans un
climat de silence et de prière, nous les avons invités à aller rencontrer
personnellement une personne particulière : la première personne qu’ils ont
trahie mais, malgré tout, qu’ils cherchent à aimer à tout prix sans jamais
vraiment réussir. Au détour d’un couloir, ils se sont retrouvés face à un miroir
avec l’invitation de prendre le temps de se regarder, de se rencontrer : la
rencontre avec eux-mêmes. Certains ont commencé par se recoiffer tandis
que d’autres n’osaient même pas se regarder. Après le premier regard, ils
étaient invités à jeter dans une poubelle le morceau de papier qu’ils avaient
apporté (où était écrit leurs difficultés) et en échange, de piocher une parole
de Dieu (déposée pour eux aux pieds du miroir), de la lire et, de se regarder
à nouveau aux prismes de cette parole. C’était tellement beau de voir
l’œuvre de la Grâce dans le regard de ces jeunes, de voir que, pour un bref
instant, ils s’étaient regardés différemment, malgré la difficulté que cela
représentait pour certains.
Vivre cela là où St François déposa ses habits somptueux pour se revêtir de
l’habit de la pénitence – ce qu’est la bure franciscaine – était très fort. Assise
et la présence de St François, de Ste Claire et du bienheureux Carlo Acutis
aident à faire l’expérience de ce regard miséricordieux du Père sur chacun
de nous, ses fils et ses filles, dans la joie de l’Esprit Saint.
frère Clément