Mission paroissiale à Tarbes

Mission paroissiale à Tarbes

Dans le but de rendre visite aux familles de toutes les trois paroisses qui constituent notre ensemble paroissial « St Jean XXIII », tous les quatre frères, nous nous sommes lancés dans une deuxième mission du 9 au 19 mars. L’an dernier l’ayant réalisée à « St. Pierre et St. Paul », dans le quartier d’Urac, cette fois-ci nous avons fait du « porte à porte » dans la paroisse de « St. Antoine de Padoue ». Nous étions conscients que cette visite aux familles allait avoir lieu pendant ce temps de pandémie ; c’est pourquoi nous avons pris le temps pour bien discerner si la garder ou la remettre à plus tard, en attendant de temps meilleurs. Aurions-nous couru le risque d’être accusés de répandre le virus ? Les gens nous auraient-ils repoussés pour cette raison ? Après réflexion, malgré ces considérations, tout à fait légitimes, d’ailleurs, tous les quatre nous avons convenu de nous tenir au programme établis, Pourquoi ? Parce que beaucoup de monde, trop de monde sont en train de s’enfermer dans une morosité déprimante sinon désespérante. Loin de nous y laisser atteindre, nous avons choisis un peu d’audace. La prudence, oui ! Elle est importante, mais comme le disait le Cardinal Mercier, « Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part. » L’annonce de la Bonne Nouvelle est plus que jamais nécessaire et urgente pour rendre compte de l’Espérance et de la joie qui nous habite en Jésus Christ. C’est pourquoi, soutenus des adorateurs qui souvent priaient devant le, SS. Sacrement, aidé par le fr. François de la communauté de Lourdes, munis de masques et de gel hydroalcoolique, nous avons sillonné les rues, les avenues et les boulevards de notre quartier pour frapper aux portes de toutes les familles que le Seigneur nous a confiées. La réalité nous la prévoyons : certains nous ont congédiés gentiment, d’autres, faute de temps (du moins c’est ce qu’ils nous disaient), n’étaient pas disponibles pour dialoguer. Ce qui est le plus triste, c’est que la plus grande partie des gens étaient indifférents. Les habitants du quartier d’origine musulmane, par contre, ne serait-ce que sur le pas de la porte, nous sont accueillis avec sympathie. Des rencontres fortes, de « petites perles », n’ont pas non plus manqué : des gens qui attendaient un prêtre depuis longtemps pour poser des questions, nous faire part de leurs doutes, d’autres ont manifesté le désir de recevoir le baptême ou la confirmation. Mais il y a eu une autre note positive : à différence d’il y a deux ans, lorsque nous avons dû renoncer à nous rendre chez les familles, faute de laïcs, qui n’étaient pas du tout sensibilisés à l’évangélisation, l’an dernier, treize d’entre eux nous ont accompagné quelques demi-journées pour missionner. Cette année, plus de vingt étaient tout enthousiastes de marcher avec nous ou de rester à adorer quand on était en surnombre. Pour clore, quelques considérations : si d’une part, nous ne pouvons que constater une paganisation toujours plus évidente et accélérée de notre pauvre société, de l’autre part, nous ne pouvons non plus ne pas remarquer que ne manquent pas des laïcs qui veulent approfondir leur relation avec Dieu pour « parvenir à la pleine connaissance de sa volonté et toute sagesse et intelligence spirituelle » (Col 1, 9). Ils prennent de plus en plus conscience de l’importance de la mission de l’Eglise et s’y insèrent. Par conséquent, la grandeur de la tâche qui nous dépasse totalement, ne nous décourage pas du tout. Au contraire, elle nous lance pleins de confiance à donner, voire à livrer notre vie à l’Esprit pour qu’il dispose de nous comme il veut. Dieu, nous en sommes conscients, n’a jamais abandonné l’Eglise. C’est justement dans les moments les plus sombres, que le Seigneur a déployé toute sa puissance d’amour en envoyant des saints qui ont brûlé du feu de l’Esprit pour embraser les foules perdues, désemparées et souffrantes. Le « réveil » est là. Courage, donc ! Confiants dans la protection et l’intercession de la Vierge Immaculée, nous continuons à avancer dans la route que l’Esprit ouvre devant nous.

Fr. Emidio M. Ubaldi