Appelés à Aimer ! L’année Saint François 2019-2020

Appelés à Aimer ! L’année Saint François 2019-2020

L’année Saint François 2019-2020

Jésus ne vient pas remplir un vide, mais il demande au jeune homme de se vider lui-même, de s’ouvrir à une nouvelle perspective orientée vers le don de soi, à une nouvelle manière de voir sa vie, à partir de la rencontre avec celui qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6)

[Instrumentum laboris, Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel]

Ils sont neuf jeunes hommes cette année, à vivre l’année Saint François au couvent des Frères Mineurs Conventuels de Cholet. Barnabé, Pierre, Arnaud, Emmanuel, Philbert, Jérémie, Vincent, Anselme et Louis ont tous le désir d’une vie pleinement accomplie. C’est pourquoi ils ont décidé de s’accorder 9 mois dans leur parcours de vie pour venir à l’écart et se disposer à écouter l’appel au bonheur que le Seigneur à pour chacun d’eux ; appel à aimer dans le mariage ou dans la vie consacrée. Soutenus dans leur discernement par la vie communautaire, les temps de formation et d’accompagnement.De passage à Narbonne, ils ont accepté de répondre à nos questions. Tous se livrent avec sincérité et profondeur, nous partagent cette expérience qui transforme leur existence, nous exposent les joies et les difficultés rencontrées.

 

Jérémie – 23 ans de Tarbes

Je savais au fond de moi que cette année serait le début de ma nouvelle vie, de ma renaissance !

Jérémie, comment as-tu eu connaissance de l’année Saint François et pourquoi avoir décidé de vivre cette expérience?

J’ai eu connaissance de l’année Saint François (A.S.F) par frère Emidio-Marie Ubaldi du couvent de Tarbes qui m’en avait parlé avec beaucoup de ferveur mais aussi via le témoignage des jeunes de l’A.S.F de l’an dernier lors du camp de Toussaint 2018 et de Février 2019.J’ai décidé de vivre cette expérience parce que j’avais besoin de donné une année à Dieu après tout ce qu’Il avait fait pour moi. Pourtant ce n’était pas du tout dans mes projets de faire cette pause, j’avais le projet de partir travailler en Suisse, gagner de l’argent, profiter de la vie… mais le Seigneur m’a gentiment fait comprendre que cela ne serait pas bénéfique pour moi. Malgré la vie de débauche que j’ai pu mener, Dieu m’a relevé et fait prendre conscience que seul Lui pouvait me rendre heureux et savait ce qui était bon pour moi. Par sa grande miséricorde, il a eu pitié de ma pauvre personne et m’a fait sentir, lors du camp de jeunes de Toussaint 2018, qu’Il était avec moi et qu’Il m’aimait. Par la suite, ma vie a changé du tout au tout et j’ai compris qu’il fallait que je change ma manière de vivre. Comme le camp de Toussaint m’avait chamboulé, j’ai décidé de revenir au camp organisé quelques mois plus tard, en février. Après cela, je me suis rendu au couvent de Cholet et c’est là que Dieu m’a fait savoir qu’il m’appelait à vivre l’année Saint François. J’ai donc partagé au frère mon souhait de vivre cette expérience durant un an mais que je n’avais pas besoin de discerner puisqu’au fond de moi je savais que cette année serait le début de ma nouvelle vie, de ma renaissance. Amen !

Philbert – 17 ans de Vendée

Philbert, pourquoi est-ce si important de prendre le temps de discerner un choix de vie et comment cela se déroule-t’il ?

Discerner sa vocation à travers la prière et la vie fraternelle.

Il est important de prendre le temps de discerner pour ne pas se tromper de vocation. Cela permet d’avoir un vrai éclairage sur notre vie et de découvrir quel est son sens si cela n’est pas explicite. Pour ma part, ma vocation est encore très floue et puisque cette décision est quand même importante, elle nécessite forcément du temps. J’ai choisi de passer 9 mois au couvent Saint François de Cholet pour prendre ce temps avec le Seigneur pour discerner ma vocation à travers la vie de prière et la vie fraternelle.

Anselme – 28 ans de Paris

Anselme, pourquoi avoir choisi les Franciscains? Qu’est ce qui t’attire chez Saint François ? Comment l’as-tu découvert ?

J’ai choisi les Franciscains tout simplement parce que le Seigneur m’a guidé vers cette communauté là. L’esprit de Saint François vient me rejoindre dans mon humanité avec mes forces et mes faiblesses.

Ce qui m’attire chez Saint François, c’est la simplicité de la vie, le partage fraternel, l’accueil, l’ouverture vers le monde et cette façon de vivre l’Évangile concrètement au quotidien.

J’ai rencontré les premiers Franciscains sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle. Puis, lors du Festival des Jeunes à Medjugorge, j’ai entendu le témoignage de frère Jack Mardesic du couvent de Bruxelles. J’y ai vu un frère très ouvert, pleinement lui-même et avec une fougue et un feu intérieur. Cela m’a beaucoup touché et cela m’a conduit au couvent de Lourdes puis au couvent de Cholet.

Emmanuel – 18 ans de La Réunion
Un défi oui, mais un beau défi !

Emmanuel, parles-nous de la vie fraternelle. Quelles sont les joies, les difficultés aussi et les défis?

« Le Seigneur m’a donné des frères » : Cette phrase de Saint François résonne en moi, chaque jour qui passe à l’A.S.F. Se retrouver avec 8 autres chercheurs de la vie en Dieu, chacun avec son histoire, ses talents, ses fragilités ; est une expérience originale et enrichissante. C’est là que grandit pour moi la radicalité de mon amour-charité du prochain. Car il s’agit avant tout d’un défi. Plus question de me réfugier uniquement dans la solitude et l’insociabilité pour éviter les mauvais côtés des autres. L’Amour-Charité, la fraternité, demande la confrontation. C’est bien-là la difficulté. Accueillir jusqu’au défauts de l’Autre, l’accompagner au quotidien, discuter, réfuter, encourager c’est le but de la vie ordinaire que je voudrais mener. Toutefois, je me rends compte qu’on peut « se rater », qu’on n’y est pas toujours fidèle mais c’est ainsi que je grandis, que Dieu me fait grandir, je le vois. Discuter et demander pardon est alors une véritable solution dans les cas de difficultés. Mais les belles surprises de la vie fraternelle, les moments de rires et de joies, le sport, la musique sont des moments éclatants. Un défi, oui mais un beau défi ! Je rencontre tous les jours la joie de l’Évangile de François : Vrai et profonde, didactique et brillante.

Arnaud – 31 ans de La Réunion

Arnaud, tu es actuellement à Narbonne pour un temps de formation. Plus généralement, quelle place prend la formation tout au long de l’année Saint François ? En quoi cette formation consiste-t’elle et comment nourrit-elle ta foi ?

La formation consiste en des cours à l’université, l’enseignement hebdomadaire des frères, l’homélie-catéchèse de frère Paul lors de l’Eucharistie où nous nous retrouvons entre jeunes de l’A.S.F, et les divers enseignements dispensés lors des week-end à l’occasion des rassemblements (Jeunesse Franciscaine, Fraternités des laïcs…). La place qu’occupe la formation est équilibrée par les multiples temps de travaux manuels, évitant ainsi la saturation d’un trop plein d’activités cérébrales.

La formation, reposant sur les fondements de la foi et de la Parole de Dieu, nourrit naturellement ma vie spirituelle.

Les cours universitaires sur l’Ancien Testament, l’Histoire d’Israël et les Psaumes éclairent aussi ma méditation de la Parole et la prière du bréviaire. De même les enseignements relatifs à la spiritualité franciscaine me permettent de mieux pénétrer l’esprit animant les frères.

Barnabé – 18 ans de Vallet

Barnabé, en quoi cette expérience au couvent de Cholet façonne t’elle ta prière?

L’année Saint François a déjà beaucoup modifié ma prière. En effet, avant de participer à cette expérience, j’avais déjà l’occasion de prier quotidiennement. Mais participer à l’année Saint François, c’est d’un tout autre niveau. Tous les jours nous participons à 4 offices, à une messe, et à d’autres prières tel que le Chapelet.

Participer aux travaux et au quotidien des frères, permet de développer notre familiarité avec le silence.

De plus, tous les lundis, nous recevons des cours de Théologie à la faculté Catholique d’Angers. Cela nous permet de développer notre connaissance de la Bible.

Vincent – 27 ans de Cholet

Vincent, la dimension missionnaire est importante dans la vie franciscaine. Est-ce que cela est quelque chose de facile pour toi ? Peux-tu nous partager les missions qui sont les vôtres durant cette année et celles qui t’ont marquées ?

Pour moi, bien qu’essentielle, la dimension missionnaire est la partie la plus difficile de la vie franciscaine. Il m’est difficile de trouver naturellement les mots et les gestes à avoir pour annoncer l’Évangile. Dans ma vie, sans m’en cacher je ne cherchais pas forcément à témoigner de mon attachement au Christ, du moins pas verbalement. Je me contentais de répondre quand on me posait la question et d’agir en accord avec la vie à laquelle nous appelle le Christ. J’ai compris plus tard grâce à un frère, la différence entre prosélytisme et évangélisation missionnaire. Le prosélytisme va chercher à argumenter, convaincre son interlocuteur pour le ramener à une idée, une opinion qui lui est propre.

Le missionnaire va à la rencontre de son Prochain et cherche Dieu en lui, essaye de lui révéler comment Dieu le Père agit dans sa vie. En bref, il s’agit d’écouter profondément et de faire ressortir l’action de Dieu dans sa vie.

En fin d’année, nous sommes envoyés en mission deux par deux sans argent, ni téléphone, ni tente, ni sac de couchage, ni nourriture dans un Diocèse. J’ai déjà fait cette expérience l’année dernière et j’ai expérimenté combien c’est difficile d’aller au devant des gens, de chercher à les connaître sans d’autres prétexte que l’amour de Dieu. Dans ce cas-là, il faut s’en remettre à Dieu et prier en permanence pour que ce ne soit plus nous, mais l’Esprit Saint qui nous guide. Etre dans cette disposition m’a permis d’aller à la rencontre d’un homme à la rue qui cherchait querelle avec des sans-abris. Jamais je ne me serais interposé si je n’avais, à ce moment-là, vécu dans ces conditions. La confidence, les mots de consolation et d’espérance qui ont suivi m’ont beaucoup marqué. Un simple moment de réconfort peut-être un moyen de rencontrer Dieu pour lui comme pour moi. Nous avons par ailleurs, plusieurs expériences de missions tout au long de l’année, notamment dans des établissements scolaires pour des temps de témoignages, de prières et d’échanges.

Pierre – 20 ans de Cholet

Pierre tu vis cette année au couvent de Cholet… et après ?

Qu’est-ce que je ferai après l’année Saint François ? Cela il faut le discerner ! Peut-être que je suis appelé à entrer dans un Ordre ou bien à me marier. Pour l’instant je ne sais pas, j’ai des attirances pour ces deux côtés.

Après, une fois ce choix vocationnel décidé, d’autres questions se poseront. – En effet, si je me marie, quelle carrière professionnelle entreprendre ? Avec qui pourrais-je me marier? – Et si je choisis la vie religieuse, serait-ce dans un Ordre ou comme prêtre Diocésain ? Et dans quel Ordre : Franciscain, Bénédictin, Dominicain, rentrer dans la communauté de l’Agneau, de Jérusalem, de Bethléem…. Toujours est-il que pour l’instant je suis indécis, même si je me vois davantage me marier où devenir moine. Dans un an, quelque soit l’orientation de vie qui m’aura été révélé ou pas, je pense que je travaillerai afin de gagner un peu d’argent et pour avoir un peu d’expérience professionnelle. Peut-être aussi que j’entreprendrai des formations dans un domaine qui m’intéresse.

Au final, beaucoup d’incertitudes pour l’avenir mais une chose est sûre, le Seigneur a une vocation pour nous et il nous aide toujours à la trouver car il souhaite que nous donnions le meilleur de nous-même pour le monde et pour Lui.

Au terme de cette rencontre, nous remercions Barnabé, Pierre, Arnaud, Emmanuel, Philbert, Jérémie, Vincent, Anselme et Louis pour leurs témoignages et les assurons de notre prière.