Saint Antoine de Padoue

À l’âge de 15 ans environ, il fait le choix de la vie religieuse et entre au monastère des chanoines de saint Augustin de Saint-Vincent, hors les murs de la ville.

Mais il n’y reste que deux années. Dérangé dans sa recherche de solitude et dans ses études, il demande et obtient d’être transféré au monastère de Sainte Croix de Coimbra, la maison-mère de l’Ordre et, à cette époque, capitale du Portugal.

Pendant huit années, il suit fidèlement et avec ferveur la Règle de Saint-Augustin et reçoit une formation théologique et biblique spécialisée, sous la direction de maîtres Chanoines réguliers, formés à l’école de Saint-Victor de Paris. 

À vingt-cinq ans il reçoit l’ordination sacerdotale et exerce son ministère dans les églises et paroisses à la directe dépendance du monastère.

 

 

En 1220, il fait la rencontre des Frères de saint François de l’ermitage dos Olivais, près de Coimbra. Cinq d’entre eux, partis au Maroc évangéliser les Sarrasins, y furent martyrisés et leurs reliques, ramenées à Coimbra par le frère du roi, y reçurent un accueil triomphal qui émut profondément le jeune Fernand.

Un jour, aux Frères qui venaient au monastère demander l’aumône, il confia : « J’aimerais moi aussi être des vôtres, si vous me promettez que, une fois chez vous, vous m’enverrez au Maroc, pour partager avec ces saints martyrs, la couronne du martyre. »

Les Frères n’en revenaient pas de joie. Peu de temps après, Fernand obtint la permission de quitter l’Ordre des Chanoines réguliers, revêtit la bure de saint François et changea le nom de Fernand en celui d’Antoine, en souvenir d’Antoine, l’ermite et père du désert.

 

C’était le printemps 1220. Au mois de septembre, avec son compagnon, il quittait les Frères d’Olivais pour Marrakech.

Une fois arrivé au Maroc, il ne put exercer aucun ministère. Tombé gravement malade, dans l’impossibilité de recouvrer la santé, il dut s’en remettre à la volonté de Dieu et reprit le chemin de retour au Portugal. Nouvelle déception, durant la traversée, des vents violents poussèrent le bateau vers les côtes de la Sicile et fut recueilli par les frères de Messine.

 

C’était le printemps 1221. À cette même époque, saint François avait réuni tous les Frères – environ 5 000 – pour le grand chapitre de la Pentecôte. Après deux mois de convalescence, avec les Frères de Messine, frère Antoine se rendit donc à Assise où il connut et entendit François parler de son idéal, confirmant ainsi son choix de suivre le Christ et de vivre la fraternité et la minorité franciscaines

Mais Antoine ne rencontra pas François personnellement. Et lorsque les Frères regagnèrent chacun leur couvent, Antoine, inconnu de tous, resta seul. Frère Gratien, provincial de Romagne le prit alors avec lui, et l’envoya à l’ermitage de Montepaolo, près de Forlì, pour célébrer la messe aux Frères et là, il se  consacra à la prière, à la méditation et aux humbles services de la petite communauté.

En septembre 1222, à Forlì, des Frères Franciscains et Dominicains célébraient ensemble des ordinations sacerdotales. À l’heure de la conférence, le frère Gardien demanda aux Frères Dominicains de prendre la parole, mais tous se refusèrent. Il s’adressa alors au frère Antoine qui, après quelque résistance, accepta de parler révélant une connaissance des Écritures et une clarté d’exposition qui suscita l’admiration de tous.

À partir de ce jour, le frère Gratien lui confia la charge de la prédication à Rimini et dans toute la région où sévissait l’hérésie cathare, et Antoine parcourut les routes de l’Italie du Nord, puis du sud de la France jusqu’à Limoges ranimant les communautés désemparées, confondant les hérésies et ramenant clercs et fidèles à la morale de l’Évangile.

Mais c’est en 1223 que François confia à frère Antoine par une lettre parvenue jusqu’à nous, la mission d’enseigner la théologie aux Frères, créant ainsi, d’abord à Bologne, puis à Montpellier, Toulouse, et plus tard à Padoue, les premières écoles de théologie franciscaines.

Antoine fonda plusieurs communautés en France et fut Custode de Limoges jusqu’en 1227, lorsque, après la mort de saint François en 1226, il fit retour en Italie, en passant par la Province. D’abord à Assise, pour le chapitre général du 30 mai 1227, jour de la Pentecôte, et l’élection du successeur de François, il reçut ensuite la charge de supérieur provincial de Milan et du Nord de l’Italie.

Antoine exerça, le mandat de Ministre Provincial (c’est à dire la charge de toutes les fraternités franciscaines pendant trois années, de 1227 à 1230. Dans l’exercice de cette fonction, il visite de nombreux couvents mais montrera ses préférences pour la ville de Padoue, à cause de l’amitié de la population et de son attachement à l’Église, et choisit comme résidence la petite communauté franciscaine et l’humble église de Sainte-Marie Mère du Seigneur.

Dans cette ville, Antoine effectuera de brefs séjours, entre 1229 et 1230, puis définitivement, à partir 1230 jusqu’à sa mort.

D’après l’Assidua, la première biographie de saint Antoine, Antoine aurait écrit ses Sermons pour les dimanches et les fêtes de l’année pendant un séjour à Padoue. Mais, plus que d’une écriture proprement dite, il convient de parler d’une mise en forme définitive de matériaux utilisés dans la prédication et l’enseignement aux Frères, accumulés au cours de ses études et de son ministère.

L’activité doctrinale d’Antoine et son engagement pastoral, surtout dans le sacrement de la réconciliation, a connu son moment le plus intense au cours du Carême 1231 qui peut être considéré comme son testament spirituel.

Son action fut également marquée par une grande attention aux pauvres et aux malheurs, physiques et spirituels de la ville, en particulier aux victimes de l’usure. Grâce à son intervention, un statut du podestat de Padoue, Stefano Badoer en date du 17 mars 1231 établissait que le débiteur insolvable, sans faute de sa part, ne devait plus être mis en prison, comme c’était la coutume, s’il avait donné ses biens en contrepartie.

L’épuisement dû à son intense travail du Carême l’obligea à accorder un temps de repos à un physique déjà éprouvé. Après Pâques, il accepta de se retirer avec quelques confrères dans la communauté de Camposampiero, à une vingtaine de kilomètres au nord de Padoue. Un certain comte Tiso, ami des Frères, lui construisit une hutte sur un grand noyer, au milieu de ses champs, où il puisse se consacrer à la prière, à la méditation et à quelques entretiens avec les gens de la campagne. C’est pendant ce séjour, qu’il eut la visite de Jésus Enfant, comme en témoignera le comte Tiso lui-même.

Le 13 juin 1231, un vendredi, au cours du repas, il est pris de malaise. Se sentant proche de la mort, il demande à être transporté dans sa communauté de Padoue. Déposé sur un char à bœufs, il est transporté à Padoue, mais les Frères le prient de s’arrêter dans le petit couvent de l’Arcella, aux faubourgs de la ville. C’est là que, murmurant ces paroles : « Je vois mon Seigneur », il meurt à l’âge d’environ 36 ans.

Quelques jours après, le mardi 17 juin, par des funérailles présidées par l’évêque et avec un grand concours de peuple, il est transporté solennellement à l’église Mère du Seigneur, et déposé en terre, dans un cercueil en bois, comme on le retrouvera plus tard, au cours de la reconnaissance canonique présidée par saint Bonaventure.

La multiplication des guérisons sur sa tombe et la dévotion des habitants de Padoue et de toute la région amenèrent le pape Grégoire IX à procéder à sa canonisation, le 30 mai 1232, fait unique dans l’histoire de la sainteté, 11 mois seulement après sa mort.

En 1946, le pape Pie XII proclamait saint Antoine de Padoue « Docteur de l’Église Universelle », au titre de Docteur évangélique.

Profile details

Leave a Reply