FRATERNITÉ

Depuis que notre Fraternité Custodiale s’est dotée d’un Projet de vie, la Fraternité y a toujours pris une place centrale. En cela nous nous situons en profonde consonance avec ce que l’Eglise, mais aussi notre société, attendent de la vie religieuse.


Nous sommes bien conscients que notre monde fonctionne avec des principes, des lois et des habitudes qui donnent la priorité à une efficacité immédiate, où les personnes n’ont d’intérêt que dans la mesure où elles deviennent utiles et dans la mesure où on puisse les utiliser. Dès lors les petits et les faibles sont laissés pour compte. Et la course effrénée à la réussite pousse au repliement sur soi et à l’exclusion. Il en résulte un dessèchement des relations interpersonnelles, quand ce n’est pas un mépris, source de violence et de haine. Dans ce monde qui se dessèche, fort est le désir de compréhension, de respect et de fraternité. Dès lors, comme fils de saint François, il nous revient de vivre avec ardeur la fraternité et de témoigner qu’elle est une force créatrice dont notre monde a plus que jamais un besoin vital.


Si nous cherchons du côté de la foi, nous nous reconnaissons fils d’un Père qui nous aime, comme Il aime tous les êtres humains ainsi que tout ce qu’Il crée. Voilà pourquoi nous nous retrouvons pris dans un tourbillon d’amour. Comment alors ne pas avoir des liens de cordiale fraternité et de respect pour toute personne et tout être vivant avec qui nous nous reconnaissons liés par le même amour fondateur qui coule de la Trinité ? C’est toujours par la foi que nous pouvons reconnaître que le Seigneur nous montre son amour et sa sollicitude par toute personne, et encore plus peut-être par les frères qu’il met sur notre chemin. Ce sont eux qui nous manifestent sa tendresse ; c’est par eux que nous pouvons lui exprimer concrètement notre réponse, en retour. Nous prenons conscience que tout homme, ainsi que tout frère, devient le moyen concret que Dieu prend pour nous parler. De ce fait, nous sommes les uns pour les autres «langage de Dieu».


C’est bien ce que saint François exprime dans son Testament, lorsqu’il affirme que le Seigneur lui donna des frères.


Dans ce don fondateur, nous prenons conscience que les frères, ainsi que toute personne, sont des tabernacles vivants qui nous transmettent le Seigneur. Voilà donc que la fraternité que nous sommes appelés à vivre, en tant que fils de saint François, n’est pas le seul fruit d’un effort ascétique ou de la bonne volonté de chacun, mais bien une découverte joyeuse qui donne vie et force et qui construit et « charpente » les personnes en les transformant en frères.


La fraternité que nous sommes invités à bâtir et à témoigner ne peut revêtir qu’un caractère de joie, de simplicité, de respect mutuel, d’acceptation de nos différences, de nos richesses et de nos limites. La fraternité est un fruit de l’amour et de la miséricorde et non pas une conquête idéologique qui aplatit et uniformise les personnes. Cette fraternité ne pourra s’épanouir que si notre vie, profondément enracinée dans la foi, aura le courage de revêtir l’obéissance et un style de vie sobre et pauvre. Sans l’obéissance, nos fraternités risquent de se couler dans le chacun pour soi. Et sans la fuite du confort et une sereine pauvreté, nous risquons des divisions et une insignifiance dans une société qui attend de nous que nous tendions vers l’unique Nécessaire, c’est-à-dire vers notre Dieu.



Tout cela nous invite à faire de nos Communautés des havres de fraternité et de paix où non seulement nous vivons épanouis et sereins, mais où tous ceux qui cherchent réconfort et amour, dans notre monde si souvent blessé, puissent venir puiser des raisons nouvelles de vivre et d’espérer. De ce fait la fraternité débouche dans la gratuité de la mission.


Dans notre société, marquée si fortement par le matérialisme, il est important que notre style de vie, nos choix et notre manière d’être laissent transparaître comment la vraie vie que nous poursuivons se situe ailleurs que dans le paraître et la recherche du confort. Fidèles à l’esprit de saint François, nous voulons donc donner à nos Communautés un visage de pauvreté rayonnante et fraternelle qui soit le signe visible de notre recherche de Dieu et de son Royaume. Notre solidarité avec les hommes et les femmes vivant dans la complexité de la société de notre temps pourrait ainsi donner le témoignage aux personnes qui nous entourent qu’il est possible de vivre en frères la pauvreté évangélique. La mise en commun des moyens favorisera les échanges en évitant l’isolement, et sera un signe crédible de fraternité, de pauvreté et de solidarité. Il devra être clair, pour nous-mêmes et ceux qui nous entourent, que ces moyens ne servent qu’à la construction du Royaume de Dieu.

 

Notre objectif : Développer un esprit de famille en Communauté.

 

Pour assurer une qualité de vie fraternelle, que les Communautés puissent être composées d’au moins quatre frères.

Les frères qui rejoignent la Custodie doivent bénéficier d’un accompagnement plus à long terme, pour guider leur arrivée au niveau de leur insertion pastorale et de leur compréhension d’une nouvelle culture.

Les frères gardiens veilleront à une répartition clairement définie et équilibrée des tâches missionnaires et communautaires, en tenant compte des personnalités spécifiques des frères ainsi que du respect des temps de ressourcement et de repos. Pour le service de l’autorité, on souligne qu’un dialogue franc et fraternel est indispensable à la construction de la Communauté.


 

Par delà les urgences de la mission, que les Communautés favorisent et inventent des moments, des lieux et espaces différents pour favoriser des temps communautaires et fraternels en se soustrayant à la pression extérieure (journée mensuelle de fraternité, relecture en des lieux isolés…).

Les frères sauront se manifester leur affection mutuelle, ainsi que de l’estime pour ce qu’ils vivent et ce qu’ils font. Ils auront aussi une grande attention pour la santé de leurs frères et de même pour tout ce qui peut constituer préoccupation et souffrance.

 L’esprit de famille grandit aussi par l’amour de la maison qui se manifeste à travers la participation de tous les frères aux tâches et aux services que demande la vie communautaire.


En s’appuyant sur les documents de notre Ordre, les Communautés sont appelées à célébrer régulièrement le Chapitre conventuel (approfondissement de nos Sources, programmation, relecture, vérification des engagements, partage spirituel, révision de vie, réflexion à partir de la complexité de notre société…). Le Chapitre est aussi le lieu où chaque frère peut et doit dire ce qu’il devient, ses joies, ses peines, ses réalisations et ses difficultés à tous les niveaux de sa vie et de la vie communautaire.

Chaque Communauté prendra le temps d’établir un projet d’année qui orientera sa vie de prière, sa vie fraternelle, ses engagements pastoraux, et, en général, sa manière propre d’incarner le charisme dans le territoire où elle vit. Cela sera transmis au frère Custode et à son Définitoire.

De manière analogue, au début de l’année pastorale, chaque frère prévoit, en accord avec sa Communauté, un projet de vie et un programme de formation qui définissent pour l’année ses engagements (sous ses aspects spirituels, humains, intellectuels et pastoraux). Cela sera transmis au frère Custode et à son Définitoire.

Établir, à travers le Custode et son Définitoire en dialogue avec les Communautés, un calendrier annuel prévisionnel avec tous les rendez-vous de l’année, au niveau communautaire et custodial (rencontres des frères par exemple) et apostolique (cf. Mission 2.d).

 Réaffirmer et approfondir notre choix franciscain d’une vie pauvre.


Sur les traces du Christ pauvre et du Poverello d’Assise, nous voulons être ouverts à tous ceux que la vie a blessés dans leur dignité humaine. Nos Communautés sauront vivre le partage, l’accueil, l’écoute, aussi bien par des initiatives propres que par la participation aux instances locales ou nationales de solidarité et de promotion humaine.


Selon la Règle de notre Père saint François, il est normal que pour le travail nous ayons les moyens nécessaires. Mais nous veillerons à ce que l’achat et l’usage de ces instruments (voitures, ordinateurs…) soient décidés et vérifiés ensemble, selon les Statuts. Les moyens techniques, en particulier ceux de communication (ordinateurs, téléphones…), et aussi ceux de formation (livres, revues…) seront toujours mis en commun pour éviter l’isolement. Chaque Communauté fera régulièrement lors d’un Chapitre conventuel une révision de vie sur ses choix matériels, sur l’économie du Couvent et son rapport aux biens, pour conformer son mode de vie à celui des personnes qui ont une vie digne mais essentielle dans sa configuration matérielle.


La solidarité custodiale se vivra dans le partage des ressources financières qui permettront d’aider les Communautés dans leurs besoins (impôts, assurances, mutuelles, études…). Les Couvents veilleront avec fidélité à verser leur contribution pour les frais et les besoins financiers de la Custodie et de l’Ordre. Par souci de détachement des biens, pour témoigner de leur charisme de pauvreté et de leur confiance en la Providence, les frères dans la mesure du possible n’accepteront pas de salaire de la part du Diocèse. Dans la vie quotidienne et de manière particulière au début des temps pénitentiels (carême franciscain, carême liturgique…), les frères décideront en Chapitre (en référence aux Constitutions) de leurs parcours communautaires de prière, jeûne et aumône adaptés à chaque situation.

Promouvoir les liens entre les Communautés : consolider la formation permanente des frères, des Communautés et de la Custodie.

La Formation permanente se situe ainsi au niveau personnel, fraternel, institutionnel et communautaire.


Pour un dialogue fécond entre le gouvernement de la Custodie et les Communautés, le frère Custode et le Définitoire rencontreront les différentes Communautés au moins une fois par an.

Dans le cadre de la Formation Permanente, une rencontre custodiale annuelle est proposée pour tous les frères. Cela nécessite la mise en place d’un calendrier établi en début d’année, par le Définitoire (dates, lieu et priorités).

Programmer des rencontres entre les frères gardiens ainsi qu’entre les frères économes locaux avec le frère économe de la Custodie.

Intensifier entre la Custodie, la Province et l’Ordre une véritable et profonde communion réciproque.

Participer dans la mesure du possible aux différentes propositions de la CIMP, de la Province en matière spirituelle et de Formation Permanente.

Envoi régulier à la Curie provinciale d’événements de chronique de la vie de notre Custodie (écrits, photos).

Diffusion et lecture des documents émanant de l’Ordre, des Provinces (comme du Fra Noi) et de la Custodie dans nos Communautés.

Savoir accueillir, dans la Custodie de France, des frères d’autres juridictions de l’Ordre pour des temps d’expériences spirituelles et communautaires.